« Comment le FBI a pu fermer Megaupload ? » est une question que beaucoup se sont posé en fin de semaine dernière.
Si on se pose la question d’un point de vue technique, c’est simple : Megaupload était un site web centralisé (un nom de domaine, quelques serveurs). Comme tout système centralisé, il était fragile.
Depuis quelques années, les sites comme Megaupload ont dépassé les réseaux peer-to-peer en nombre d’utilisateurs. Ce succès peut s’expliquer par l’efficacité et la simplicité d’utilisation de ces services (en France, on peut ajouter la peur de la sanction depuis la mise en place de l’HADOPI). Pour ces raisons, nous avons délaissé les systèmes peer-to-peer qui avaient jusque là fait leurs preuves.
Mais les réseaux peer-to-peer ont d’autres avantages. D’abord, ils favorisent le partage : on donne et on reçoit. Ensuite, ils sont décentralisés, et donc solides. Le même fichier est partagé par une multitude de « seeders » : si le « propriétaire » initial du fichier éteint sa machine, d’autres continuent à rendre le fichier disponible. Si le fichier est supprimé à un endroit, il reste accessible par d’autres « tuyaux » alors que si on supprime un fichier de Megaupload, il est perdu pour tout le monde.
La fermeture du site LePost.fr fait écho à la fermeture de Megaupload. Ce service centralisé de publication de contenus a fermé le 23 janvier dernier. Les blogueurs qui publiaient leur contenu exclusivement sur LePost doivent reconstruire leur blog et la communauté qui va avec. En s’hébergeant soi-même (ou à défaut en se payant un hébergement chez X ou Y), on contrôle ses contenus. Personne d’autre que moi ne peut décider de fermer mon blog ou d’en supprimer des articles.
Il est impossible pour un gouvernement de saisir les serveurs auto-hébergés de tous ses opposants. Si dans nos démocraties, ça nous semble presque accessoire, c’est vital dans les régimes autoritaires. C’est de ce constat qu’est né le projet FreedomBox.
Les réseaux décentralisés protègent la liberté d’expression. Les systèmes centralisés la fragilisent. En continuant à utiliser des systèmes centralisés, nous nous mettons en danger. Nous prenons le risque de ne plus pouvoir échanger, de ne plus pouvoir discuter, de ne plus pouvoir diffuser, de ne plus pouvoir polliniser. Gmail, twitter, facebook, MSN et les autres peuvent techniquement s’arrêter de fonctionner du jour au lendemain. Ce jour là, que ferons-nous ?
[...] puis, quand bien même toute la musique serait disponible sur ces plateformes, il y aurait (une fois de plus) un problème de « centralisation ». Si je n’écoute de la musique [...]